A/HRC/14/19
d’opinions (défavorables à Sri Lanka) s’exposent à une réaction très sévère du
Gouvernement sri-lankais».
41.
Dans leur lettre, les rapporteurs spéciaux se sont déclarés préoccupés par le fait que
les campagnes dans les médias, les menaces et les actes de harcèlement et d’intimidation à
l’encontre d’un certain nombre de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes, en
particulier Sunanda Deshapriya, pourraient avoir un lien avec les activités légitimes en
faveur de la défense des droits de l’homme de ces personnes, et en particulier leurs actions
de sensibilisation et d’information au niveau international. M. Deshapriya, éminent
journaliste et défenseur des droits de l’homme, vit en exil en Suisse depuis mai 2009, en
raison des menaces dont il a fait l’objet et de la campagne de dénigrement dont il est la
cible dans les médias depuis sa participation et son intervention à la dixième session du
Conseil des droits de l’homme en mars 2009 et à la onzième session extraordinaire
consacrée à Sri Lanka en mai 2009. Il a été accusé d’être un «traître» et un «menteur» à la
suite de sa participation à la session extraordinaire. Des vidéos dans lesquelles des menaces
de mort étaient proférées contre lui ont été publiées sur un site de réseau social; il a reçu de
nombreux SMS menaçants et a été calomnié sur des plateaux de télévision, à la radio et
dans un certains nombres d’éditoriaux.
42.
Le nom de M. Deshapriya, ainsi que celui de 30 autres défenseurs des droits de
l’homme et journalistes, figurait sur une liste, publiée le 3 mars 2010 sur le site Web srilankais Lanka News Web, qui aurait été établie par les services de renseignements de l’État
de Sri Lanka. Les personnes visées, à savoir celles qui avaient mené des activités
d’«information au niveau international» sur des questions relatives aux droits de l’homme,
étaient classées en fonction de l’importance que les services de renseignements leur
attribuaient. Plusieurs défenseurs des droits de l’homme et journalistes sont mentionnés à
différents titres en tant que personnes ayant fourni à plusieurs stations de radio ou de
télévision locales et internationales des informations sur des questions relatives aux droits
de l’homme et sur les personnes déplacées à l’intérieur du pays, en tant qu’intervenants au
niveau international dans les médias/sur les droits de l’homme, et en tant que personnes
s’exprimant sur les droits de l’homme et la liberté des médias et prenant part à des activités
de sensibilisation à l’étranger. Bien que son objectif demeure obscur, cette liste suscite de
vives inquiétudes quant à l’intégrité physique et psychologique des personnes qui y sont
mentionnées.
43.
Les Rapporteurs spéciaux redoutaient en outre que certaines des menaces soient
liées au fait que les personnes mentionnées plus haut avaient coopéré avec le Conseil des
droits de l’homme et les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales. Compte tenu
de l’étendue des allégations, il était à craindre avant tout que les menaces, les agressions et
les campagnes de dénigrement dans les médias ne fassent partie d’une opération plus large
visant à délégitimer les activités des défenseurs des droits de l’homme qui émettent des
critiques à l’encontre des actions et des politiques du Gouvernement. À la treizième session
du Conseil des droits de l’homme, au cours du dialogue qu’elle a tenu avec la HautCommissaire aux droits de l’homme, la délégation de Sri Lanka s’est déclarée fermement
résolue à ne pas approuver ni tolérer que des actes de violence ou d’intimidation soient
commis contre des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Cela supposait
nécessairement de prendre les mesures requises pour enquêter sur tout acte de violence
contre ces personnes et en punir les auteurs. Par ailleurs, Sri Lanka a fait observer que la
désignation très vague de «défenseur des droits de l’homme» était utilisée inconsidérément
pour englober toutes sortes d’activités même très éloignées de la promotion et de la
protection de ces droits. La délégation a expliqué que le Gouvernement sri-lankais se devait
de décourager les personnes qui usaient de cette désignation pour avancer des affirmations
destinées à leur procurer un avantage politique, qui mettaient le Gouvernement dans
l’embarras, alors qu’elles poursuivaient, sous le couvert d’activités relatives aux droits de
l’homme, un objectif qui n’avait rien à voir avec la défense de ces droits.
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GE.10-13229