A/HRC/18/19
Manama, occupé par des manifestants. Au moment de l’envoi de la communication, on ne
savait pas ce qu’il était advenu de MM. Al Singace et Mushaima.
17.
Selon des informations reçues précédemment, le 13 août 2010, M. Al Singace a été
arrêté et incarcéré à son retour au Bahreïn alors qu’il rentrait de Londres, où il se serait
exprimé sur la torture au Bahreïn devant la Chambre des Lords. M. Al Singace a été traduit
en justice sous le chef d’accusation d’appartenance à un réseau présumé terroriste. Au cours
du procès, il est apparu que M. Al Singace avait été victime d’actes de torture et d’autres
formes de mauvais traitement pendant sa détention. M. Al Singace a été libéré le 23 février
2011, suite à des troubles civils dans le pays. Cela étant, il semble que les charges retenues
contre lui n’aient pas été officiellement abandonnées.
18.
Le 15 août 2010, M. Al Kanja a été arrêté et incarcéré au Bahreïn à son retour de
voyage à Londres, où lui-même et M. Al Singace s’étaient adressés à la Chambre des Lords
sur la question de la torture au Bahreïn. M. Al Kanja a également été traduit en justice en
raison de son appartenance à un réseau présumé terroriste. Il aurait aussi été victime d’actes
de torture et d’autres formes de mauvais traitement pendant sa détention. M. Al Kanja a été
libéré le 23 février 2011. Cela étant, les charges retenues contre lui n’auraient pas été
officiellement abandonnées.
19.
M. Al Singace et M. Al Kanja ont activement collaboré avec les mécanismes des
droits de l’homme des Nations Unies, notamment le Conseil des droits de l’homme et le
Comité contre la torture, et se sont exprimés ouvertement au niveau international sur les
violations présumées des droits de l’homme au Bahreïn.
20.
Selon les informations reçues, le 10 mars 2011, plusieurs sites de réseaux sociaux
auraient posté des menaces de mort contre M. Alkhawaja, l’accusant de trahison. Il semble
que les messages contenaient des informations personnelles sur M. Alkhawaja, en
particulier son adresse, son numéro de téléphone, son numéro d’identification personnel et
sa profession. Il est signalé que ces renseignements figurent normalement sur les cartes
d’identité nationales bahreïnites. Des détails sur le type d’automobile appartenant à
M. Alkhawaja figuraient également sur les sites. Des textos ont également circulé,
contenant des menaces de mort analogues contre M. Alkhawaja.
21.
M. Alkhawaja a ouvertement exprimé des préoccupations sur la situation des droits
de l’homme au Bahreïn devant plusieurs organisations de défense des droits de l’homme,
notamment celles du système des Nations Unies. Selon les informations reçues, M. Rajab
communiquait également des informations aux Nations Unies. Il a en outre participé à
l’Examen périodique universel, à des sessions du Conseil des droits de l’homme, du Comité
contre la torture et du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale.
22.
De vives préoccupations ont été exprimées quant au fait que la situation des
défenseurs des droits de l’homme susmentionnés pourrait être liée à leurs activités, en
particulier leur collaboration avec des organes des Nations Unies.
23.
Le 26 mai 2011, le Gouvernement a répondu à la communication7, affirmant qu’une
partie des informations relatives aux personnes présumées en détention était incorrecte,
seuls MM. Al Singace, Mushaima et Alkawaja ayant été arrêtés à ce jour. Le
Gouvernement a également indiqué que M. Al Kanja, qui aurait été impliqué dans la
perpétration de crimes contre la sécurité au Bahreïn, n’avait pas à ce jour été appréhendé,
bien que les autorités judiciaires compétentes aient émis un mandat d’arrêt à son encontre.
Qui plus est, le Gouvernement a déclaré qu’aucune action n’avait été intentée contre
M. Nabeel Rajab et qu’il n’avait pas été arrêté contrairement aux affirmations de la
communication précitée.
7
A/HRC/18/51.
GE.11-15072 (EXT)
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