A/HRC/39/41
leur famille. Ces deux défenseurs des droits de l’homme avaient coopéré avec le Comité en
août 2017 sur la question des droits des Chors, peuple autochtone du sud de la Sibérie 25.
Rwanda
64.
Le 20 octobre 2017, le Sous-Comité pour la prévention de la torture a annoncé
publiquement qu’il avait suspendu sa visite au Rwanda en raison d’obstacles à l’accès à
certains lieux de détention, du manque de confidentialité des entretiens et du risque de
représailles. En février 2018, le Sous-Comité a annoncé qu’il avait l’intention de reprendre
sa visite au Rwanda26. Le 1er juin 2018, le Sous-Secrétaire général a écrit au Gouvernement
au sujet de l’absence de garanties assurant le Sous-Comité que les personnes interrogées ou
contactées au cours de la visite ne feraient pas l’objet d’intimidation et de représailles.
Le 18 juin 2018, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est
déclaré préoccupé que la visite ait été suspendue. Pendant sa session du 18 au 22 juin 2018,
le Sous-Comité a décidé de mettre fin à la visite en raison de l’absence de coopération des
autorités27. Le Gouvernement a répondu aux allégations le 27 juin 2018.
Arabie saoudite
65.
Le 28 février 2018, M. Essa Al Nukheifi, défenseur des droits de l’homme qui avait
été consulté en décembre 2016 dans le cadre des préparatifs de la mission du Rapporteur
spécial sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté en Arabie saoudite en janvier 2017
et qui avait fait l’objet d’une communication des titulaires de mandat au titre des
procédures spéciales (SAU 2/2017), a été condamné à six ans de détention et à une
interdiction de voyager et d’utiliser les médias sociaux pendant une durée équivalente après
sa libération.
66.
Le 1er juin 2017, le Groupe de travail sur la détention arbitraire a rendu un avis sur la
détention arbitraire de Salim Abdullah Hussain Abu Abdullah, qui a été arrêté en décembre
2014 sans mandat et n’a pas été informé des motifs de son arrestation
(A/HRC/WGAD/2017/10, par. 31 à 33). Depuis que l’avis a été rendu, il a été signalé qu’à
titre de représailles suite à l’examen de son cas par le Groupe de travail, M. Abu Abdullah a
été placé à l’isolement de manière répétée pendant de longues périodes et privé de contacts
réguliers avec sa famille (voir A/HRC/39/45, par. 28). Le Gouvernement a répondu aux
allégations le 24 juillet 2018.
Soudan du Sud
67.
Dans un rapport de février 2018, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud
(MINUSS) et le HCDH ont indiqué que des restrictions étaient imposées par les autorités
nationales aux personnes dont les opinions étaient considérées comme critiques à l’égard du
Gouvernement ou de la réputation du pays et qui coopéraient avec l’ONU en participant à
des réunions, en diffusant des informations sur des atteintes aux droits de l’homme et en
facilitant l’accès des populations touchées à la MINUSS (voir S/2017/505, S/2017/784,
S/2017/1011 et S/2018/163).
68.
Dans le cadre du suivi de la visite qu’il avait effectuée au Soudan du Sud en février
201728, le Sous-Secrétaire général a évoqué, dans un courrier adressé au Gouvernement le
21 juillet 2017, les allégations d’actes d’intimidation et de menaces commis contre des
personnes au motif qu’elles avaient coopéré avec la MINUSS et d’autres entités des
Nations Unies en-dehors du Soudan du Sud, et notamment le cas de personnes qui avaient
été contraintes de quitter le pays.
25
26
27
28
14
Voir http://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CERD/Shared%20Documents/
RUS/INT_CERD_ALE_RUS_8683_E.pdf.
HCDH, “UN torture prevention experts announce resuming visit to Rwanda,” 28 février 2018.
HCDH, “UN torture prevention body to visit Burundi, Costa Rica, Senegal and Switzerland;
terminates Rwanda visit”, 4 juillet 2018.
Voir HCDH, « Soudan du Sud : un haut-représentant des droits de l’homme de l’ONU condamne la
situation déplorable des droits de l’homme » (17 février 2017).
GE.18-13325