A/HRC/33/19
35.
Dans ses observations finales concernant le quatrième rapport périodique de la
République bolivarienne du Venezuela, le Comité des droits de l’homme s’est aussi déclaré
préoccupé par des renseignements selon lesquels des personnes qui avaient coopéré avec le
Comité dans le cadre de l’examen du pays avaient par la suite été la cible de déclarations
désobligeantes de la part du Président de l’Assemblée nationale lors de l’émission « Con el
Mazo Dando » et que ces déclarations intervenaient « peu après que le Comité avait appelé
l’attention de la délégation sur des déclarations faites préalablement par la même
personnalité au sujet de la contribution des organisations de la société civile aux travaux
d’autres mécanismes internationaux des droits de l’homme » (voir CCPR/C/VEN/CO/4,
par. 18). Le Comité a engagé l’État partie à prendre toutes les mesures nécessaires pour
protéger ceux qui avaient contribué à ses travaux, et à s’assurer que les responsables publics
cessent de faire des déclarations visant à les discréditer (ibid.).
36.
À cet égard, le 20 juillet 2015, trois titulaires de mandat ont fait état de représailles
contre huit défenseurs des droits de l’homme qui avaient coopéré avec le Comité des droits
de l’homme et organisé un atelier sur la procédure à suivre pour saisir une organisation
internationale d’un cas de violation des droits de l’homme (voir A/HRC/31/79,
VEN 9/2015). Le 1er juillet 2015, le Président de l’Assemblée nationale, dans son émission
télévisée « Con el Mazo Dando », a mentionné la participation de Ligia Bolíviar, Carlos
Correa, Humberto Prado Sifontes, Alfredo Romero, Rocío San Manuel et Tamara Sujú à la
session du Comité des droits de l’homme sur la République bolivarienne du Venezuela de
juin 2015, et affirmé qu’ils conspiraient et nourrissaient de noirs desseins. De surcroît, il a
montré les photographies de Mme Sujú et M. Romero, en les accusant d’avoir présenté de
fausses informations contre la République bolivarienne du Venezuela à l’ONU. De plus, il
aurait fait référence à M. Romero, M. Feliciano Reyna et M. Uzcátegui (voir par. 33
ci-dessus) et à un atelier qu’ils avaient organisé en décembre 2014 sur la procédure à suivre
pour saisir une organisation internationale d’un cas de violation des droits de l’homme. À la
date d’établissement du présent rapport, aucune réponse n’avait été reçue du Gouvernement.
37.
Compte tenu de la gravité des allégations ci-dessus, le 22 juillet 2015, un groupe de
titulaires de mandat et des experts interaméricains des droits de l’homme ont publié un
communiqué de presse dans lequel ils déploraient le « schéma clair » de dénigrement et
d’intimidation des défenseurs des droits de l’homme mis en œuvre, en guise de représailles
pour leur coopération avec l’ONU et les organismes régionaux de défense des droits de
l’homme, sur les chaînes de télévision du pays, contrôlées par l’État. Les experts ont
rappelé que l’ONU et les organes interaméricains de défense des droits de l’homme étaient
chargés de suivre la mise en œuvre par la République bolivarienne du Venezuela de ses
engagements internationaux et régionaux en matière de droits de l’homme, et que le
Gouvernement était de ce fait tenu de respecter et protéger la participation des militants des
droits de l’homme à ces travaux. Les experts ont engagé les autorités vénézuéliennes à
cesser immédiatement de prendre des individus pour cible en raison de leur coopération
avec l’ONU ou avec des organismes régionaux dans le domaine des droits de l’homme7.
11.
Viet Nam
38.
Le 30 octobre 2015, un groupe de titulaires de mandat a fait état d’intimidation et de
représailles à l’encontre de Do Thi Mai, dont le fils serait mort en prison après avoir été
torturé (voir A/HRC/31/79, VNM 1/2015). Après la mort de son fils début octobre 2015,
Mme Do a saisi les mécanismes de défense des droits de l’homme de l’ONU. Le 29 octobre
2015, elle a été convoquée au poste de police local, où elle a fait l’objet d’intimidations par
des agents de police, qui ont tenté de la persuader de retirer sa plainte auprès de l’ONU.
7
GE.16-14150
OEA, « La CIDH conclut sa 157e session », 15 avril 2016.
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