A/HRC/42/30
11.
En octobre 2018, la Banque mondiale et le HCDH ont organisé conjointement une
table ronde inédite sur les représailles, à l’intention des banques multilatérales de
développement et de leurs mécanismes de responsabilisation indépendants. En avril 2019,
le HCDH a organisé, en collaboration avec le Mécanisme indépendant de consultation et
d’enquête de la Banque interaméricaine de développement, une table ronde consacrée au
risque de représailles lié au financement du développement, au cours de laquelle la
Haute-Commissaire a fait observer que la prévention pouvait se révéler extrêmement
efficace si l’on appliquait une politique de tolérance zéro sur la question des représailles,
accompagnée de mesures concrètes. Elle a souligné que la répression s’exerçait de plus en
plus souvent par l’application délibérée ou, plus exactement, le détournement des lois
nationales, notamment s’agissant de l’enregistrement et de la réglementation des ONG, des
restrictions financières, des limites imposées à la liberté d’expression, d’association et de
réunion pacifique, et de l’application abusive des lois antiterroristes10.
12.
En réponse à la demande formulée par les présidents des organes conventionnels de
recenser les bonnes pratiques et de renforcer le rôle des coordonnateurs et des rapporteurs 11,
le HCDH et le Service international pour les droits de l’homme, en collaboration avec
Amnesty International et le réseau des ONG sur les organes conventionnels des
Nations Unies, ont organisé un atelier en décembre 2018, à Genève. En avril 2019, les
organes conventionnels ont créé une page Web commune consacrée à la question des
représailles12, et en juin 2019 leurs présidents ont fait le point sur les bonnes pratiques dans
le cadre d’un dialogue avec le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme 13.
13.
Les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales du Conseil des droits de
l’homme ont abordé la question des représailles dans diverses communications, déclarations
publiques, communiqués de presse, rapports et réunions14. Ils ont insisté sur la nécessité de
mettre en place un registre complet des cas pour permettre une évaluation globale des
tendances et ont nommé un nouveau coordonnateur sur la question des représailles 15.
III. Évolution des politiques et bonnes pratiques
14.
Au cours du dialogue sur le rapport de 2018 (A/HRC/39/41), certains États Membres
et représentants d’organisations de la société civile ont proposé que l’ONU collecte des
informations sur les bonnes pratiques visant à prévenir et à combattre les représailles. En
février 2019, le HCDH a publié un questionnaire 16 et compilé les réponses reçues.
15.
Au niveau international, les États17 ont souligné leur appui aux travaux du Conseil
des droits de l’homme, notamment à l’Examen périodique universel, et à l’action du
Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme visant à faciliter la participation de la
société civile. Plusieurs membres actuels ont affirmé leur volonté de s’opposer fermement
aux représailles, de renforcer la protection des acteurs de la société civile et de promouvoir
leur participation au Conseil18.
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13
14
15
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17
18
4
https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24486&LangID=E.
Voir A/73/140, par. 78 et HRI/MC/2018/CRP.2.
https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/Pages/Reprisal.aspx.
HRI/MC/2019/2 et
https://www.ohchr.org/EN/HRBodies/AnnualMeeting/Pages/MeetingChairpersons.aspx.
https://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/SP/HRC40_ChairItem5_13_March2019.docx ; voir
également A/73/215, par. 54 à 58 ; A/HRC/40/60, par. 48 à 51 et par. 109 b) ; et A/HRC/38/34, par. 51.
M. José Guevara Bermúdez, Président-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire
(voir A/HRC/40/38, parties IV et V. B. 2).
https://www.ohchr.org/EN/Issues/Reprisals/Pages/GoodPractices.aspx.
Les États ci-après ont fait parvenir leur réponse dans les délais fixés : Bosnie-Herzégovine, Croatie,
États-Unis d’Amérique, Hongrie, Irlande, Maurice, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni de
Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Slovaquie, Suisse, Thaïlande et Tunisie.
Afghanistan (voir A/72/377, annexe, par. 20 i)) ; Angola (voir A/72/79, annexe, par. 10 b)) ;
Argentine (voir A/73/387, annexe, par. 34) ; Australie (voir A/72/212, annexe, par. 15) ; Autriche
(voir A/73/339, annexe, par. 8) ; Tchéquie (voir A/73/82, annexe, p. 2) ; Danemark (voir A/73/130,
annexe, par. 8) ; Islande (voir A/72/923, annexe, par. 18) ; Royaume-Uni (voir A/71/572, annexe,
par. 14) ; Uruguay (voir A/73/318, annexe, par. 4).
GE.19-15332